Dimanche 23 novembre 2008
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À la recherche du temps de prendre celui de laisser quelques traces sur ce blog : tout perfectionniste en
serait découragé à l'avance. C'est en effet tellement plus facile de s'imposer une contrainte quant aux nombres de syllabes, donc plus facile d'écrire un haïku, même moche, car les méandres de la
pensée n'y ont pas de place. Au contraire, dès qu'il s'agit d'écrire un fleuve, je dérive sur un affluent, pour me laisser porter ensuite par un autre.
À la recherche du temps de lire l'intégrale de Proust à laquelle ce titre tronqué fait référence. J'ai en
effet dévalisé la bibliothèque principale de Hambourg la semaine dernière, bien fournie en ouvrages francophones, afin de réaliser cet exploit que je me suis promis il y a bien longtemps : avaler
l'intégrale de " À la recherche du temps perdu", si possible en 6 semaines, c'est-à-dire 3 semaines d'emprunt + 3 semaines de prolongation. Bon, une semaine s'est écoulée et le constat est sans
appel : je n'ai pas encore lu 100 pages de "Combray". Peut-être pourrais-je me laisser plus de temps ? De toute façon, il me manque un tome "La fugitive (Albertine disparue)", une autre personne
a osé m'empêcher de collectionner provisoirement l'intégrale. Ce n'est pas trop grave car, étant placé loin dans la série, je ne devrais pas le lire avant 2010 si je continue à ce rythme. À
propos de rythme, le mien est lent car celui de Proust est bien difficile à suivre. D'ailleurs, c'est simple, tout le monde connaît le style de Proust sans jamais l'avoir lu ! Il faut en effet
avoir le courage de s'embarquer dans une phrase sans fin, phrase qui commence en haut d'une page pour se terminer, dans le pire des cas, en bas de celle-ci, qui n'est d'ailleurs pas toujours
aussi longue (longue comme peut l'être un jour d'été à Hambourg où après s'être émerveillé de ce moment entre chien et loup, on s'étonne de voir celui-ci s'éterniser), mais suffisamment pour
avoir oublié à quel nom renvoie au début d'elle un pronom personnel agaçant, comme l'est aussi la longue parenthèse qui vient s'insérer dans la succession de substantifs, d'adjectifs de
participes et de virgules, ponctuation que l'auteur semble placer au-dessus de toutes les autres, pourtant riches d'éléments variés, celle-ci incluant notamment le point. Mais Proust est Proust
et, même si je le trouve difficile, la profondeur de son âme me donne l'envie de la retrouver. Ce que je vais aller faire de suite !
Et, en bonus, une petite madeleine dont ne vous ferai pas l'injure de vous rappeler le titre, ni le nom du
chanteur. Admirez le décor (si le mot est bien choisi)...
Par Anne-Sophie G
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Publié dans : Les mots de...
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Vendredi 21 novembre 2008
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20:35
Jamais en automne
N'a pu fleurir une rose
Que mai nous revienne !
Par Anne-Sophie G
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Publié dans : Haïkus
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Vendredi 14 novembre 2008
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22:31
Brise
vespérale
Sous la pluie
craque la feuille
Nostalgie d'octobre
Par Anne-Sophie G
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Publié dans : Haïkus
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Lundi 10 novembre 2008
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23:13
Ce soir, j'ai eu mon 2è cours de théâtre -- si on peut appeler ça un cours de théâtre. Pour 35 euros, cela
fera quand même l'affaire, à raison de 8 à 10 rendez-vous de 2 h chacun, sauf qu'ils sont déjà réduits à 1 h 30, crise financière oblige... Précisons toutefois que ce cours est proposé par
l'université, qu'il est donc ouvert aux non-étudiants, or l'université est constamment en crise financière... Manque de moyens (bien que le semestre d'études coûte... 500 euros ! -- une réforme
controversée qui est quasi généralisée dans le pays), donc manque de locaux, manque de personnel, etc. Et nous sommes obligés de pousser les tables d'une salle de cours d'un bâtiment qui ferme 30
mn avant la fin de notre cours à nous.
D'ailleurs, je me demande bien à quoi sert de pousser les tables, vu que j'ai déjà passée 3 h 30 sur ma chaise (vous suivez ?). La semaine dernière, le prof nous présente "brièvement" le cours (qui
est déjà assez bref): ceci dit, en contrebalançant avec mon expérience théâtrale antérieure, j'ai trouvé ça intéressant car différent. Il nous a plongé de prime abord dans une situation concrète de
jeu, lequel se limitera à un monologue, donc à une absence totale d'interaction avec mes camarades, ce qui n'est pas trop grave, car le nombre de participants masculins s'élève à un (jeune), depuis
que les quelques autres mâles se sont rapatriés dans le 2è court ouvert de 16 h à 18 h (à moins, qu'effrayés par la perspective d'une interaction zéro avec les filles, ils se soient rapatriés chez
eux), ce qui a également fait fuir ce bel étudiant en sciences politiques d'Istanbul, âgé de 34 ans, à qui je n'ai pas osé demander le numéro de téléphone la semaine dernière, alors que j'avais
toutes les cartes en main, ce qui repousse une fois de plus la possibilité d'un voyage tant fantasmé au Bosphore...
Nous avons donc commencé à monologuer ce soir, présentant nos textes, à tour de rôle, dans l'ordre indiqué sur la liste du prof. Il a d'abord fallu trouver le texte. D'un côté, j'étais plutôt
soulagée d'apprendre que je n'aurais pas à échanger de paroles, ce qui limite le stress engendré par une situation d'incompréhension. D'un autre, un peu paniquée de devoir d'abord trouver un texte
qui soit jouable, excluant, pour des raisons que je trouve évidentes, le théâtre français traduit, ensuite, de le comprendre. Heureusement, le prof a laissé quelques bouquins au kiosque à journaux
d'un café, ce qui m'a permis d'en sélectionner un texte d'un Wagner (Heinrich Leopold) du 18è siècle ; j'avais trouvé par ailleurs, avant cela, préférant jouer une scène du répertoire contemporain,
un texte de la seule pièce qui me soit venue à l'esprit, à savoir une pièce américaine. Je me suis donc retrouvée ce soir partagée entre une jeune femme qui assassine son bébé et une vieille aigrie
et sexuellement frustrée, issue des Monologues du Vagin. (Non, non, rien de salace dans le texte...). Arrive mon tour, je préfère parler du Vagin, pour des raisons de facilité linguistique : comme
je m'en étais doutée, l'autre texte est bien plus jouable, mettant en scène une jeune femme qui sombre dans la folie, tue son chiard, le couvre de baisers qui ensanglantent son visage (Je pense
prendre donc encore le temps de chercher autre chose...). Je lis donc le discours de cette pauvre vieille et, miracle, je ne vois que des visages radieux tournés vers moi ! Mon talent est-il
reconnu ?, moi qui manque terriblement d'assurance, qui termine une phrase en m'apercevant que je ne comprends pas la suivante, qui fourche sur certains mots... Ou alors, est-ce bien ce que je
crains : à la fin du cours, une jeune fille s'approche de moi et s'exclame que... j'ai un accent très agréable à écouter !
Voilà pourquoi je suis revenue à Hambourg : j'avais déjà compris qu'une musique enchantée sort de la bouche des Français. Quoi de mieux pour charmer un employeur, un banquier, un fonctionnaire des
impôts... un homme, tout simplement. Heu... il est où, au fait ?
Par Anne-Sophie G
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Publié dans : Ma vie à Hambourg
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Mercredi 5 novembre 2008
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Lady
Liberty,
Le point levé, rayonne
Le mal est parti
Par Anne-Sophie G
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Publié dans : Haïkus
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