Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /2008 14:16
L'an dernier, je suis arrivée à Hambourg en bus ; cette année, j'y suis retournée en train, comme je l'ai déjà évoqué. L'an dernier, j'ai trouvé un petit boulot de traduction du site Internet d'un organisme de séjours pour jeunes (destiné à n'être lu que par les personnes concernées) ; Cette année, c'est en toute logique que j'ai trouvé... un petit boulot de rédaction d'articles du site d'un magazine Internet -- comment on appelle cela ? -- (destiné à être lu par le plus grand nombre). Je vais donc devoir écrire des articles, destinés à un public masculin, traitant de sujets aussi divers que l'impact des couleurs vestimentaires sur les réactions hormonales des messieurs ; la "vidéo du moment" à montrer absolument à votre dernière conquête ; et tout de même tout ce qui est loufoque, bizarre, insolite... J'ai la chance de pouvoir traiter de ce que je veux, tant que cela reste dans la ligne éditoriale, ce qui me permettra de viser les sujets les plus élevés possibles. Je commence demain et dois fournir 3 articles dans la semaine. Si cela se passe bien, j'en aurai un peu plus ensuite. Je vous en reparlerai après avoir vérifié certaines conditions légales.

Je vous joins, au bas de cet article, le texte d'essai, non publié sur le site, qui m'a permis d'être embauchée. Je précise que l'on m'en a imposé le thème, j'aurai sinon traité de tout autre chose.  
 
A côte de cela, ce qui me permet de mettre du beurre dans les épinards un jour sur deux, je continue à tester le logiciel d'un dictionnaire électronique dans la petite société familiale où j'avais déjà travaillé ; c'est toujours un plaisir, mais on ne peut jamais savoir combien d'heures dans la semaine je peux travailler, ni combien de semaines encore cela va durer.

Bon, il faut par conséquent que je me trouve du boulot, d'autres boulots ; sans se presser. Je profite du temps que j'ai pour fignoler la danse de mes doigts sur le clavier et pour défendre le point-virgule menacé de dispartion.



Paris Hilton éconduite par les princes William et Harry.

Comment une jolie fille sexy, célèbre et au compte en banque bien garni peut-elle rentrer seule de discothèque ? C'est la mésaventure qui est pourtant arrivée à Paris Hilton le mercredi 15 octobre dernier, alors qu'elle passait la soirée dans un club londonien, le Wisky Mist.

La belle enluminée de ses plus beaux atours a d’abord jeté son dévolu sur Harry. Comme celui-ci reste indifférent à la présence de l'héritière de l'empire Hilton, Paris tente alors une danse sexy, sans succès : Harry lui serre poliment la main et s'éloigne. Il  a curieusement préféré passer le reste de la soirée en compagnie de sa petite amie, Chelsea Davy. L’héritière de l’empire Hilton a ensuite fait une tentative auprès du deuxième héritier de la couronne britannique, William. Hélas, la pauvre petite fille riche se désespère de n’avoir pas plus intéressé un prince mieux placé dans la succession au trône. À moins que celui-ci ne soit resté indifférent à ses charmes pour éviter les foudres de sa petite amie, Kate Middleton.

Même si elle est une "Fille lumière", Paris est donc restée dans l'ombre cette nuit-là. Ce n'était peut-être pas une bonne idée de se jeter sur deux frères, qui ne sont plus célibataires...

Par Anne-Sophie G - Publié dans : Ma vie à Hambourg - Communauté : papierlibre
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /2008 22:54


   " Aujourd’hui c’est plus la peine de savoir un milliard de mots
     Il vaut mieux que tu apprennes à parler avec ta peau "
       Nilda Fernandez,  " On t'a appris "




Les mots sont utiles lorsqu’ils n’ont rien à dire. Autrement, le message est corrompu, et toi et moi, nous sommes perdus.


Les mots jetés sur un clavier font rire ou pleurer, mais ne font que passer. Ils veulent être oubliés, car ils sont isolés. Il leur manque la chaleur de ma voix et ton regard posé sur moi. 


Les mots sont utiles lorsqu’ils disparaissent. Alors, on peut remplacer nos échanges de langues stériles par du silence attentif, nous écouter avec les yeux, nous répondre du bout des doigts. Alors, je peux t’envoyer un sourire complice, un regard étonné, une émotion échappée, tu peux me répondre d’un sourire étonné, d’un regard complice, d’une émotion masquée.


Les mots sont utiles lorsqu’ils se taisent. Pourtant, il n’existe rien d’autre que des mots pour t’exprimer ma peine et mon regret d’un temps perdu. Il n’existe rien d’autre que les mots de ma langue difficile pour t’envoyer mon envie de parler avec toi... avec la peau.


Par Anne-Sophie G - Publié dans : Les mots de... - Communauté : papierlibre
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /2008 01:11


C’est en train que je suis revenue dans le 2è port d’Europe, signe de ma progression sociale. Je n’ai d’ailleurs pas eu de mal à snober la gare routière en m’engouffrant dans le métro sur le même trottoir, je n’ai même pas pensé à la regarder… Trop d’arrivées au petit matin ensommeillée, à Hambourg ou à Paris, au Port d’ancrage ou au Ventre trop caressé, au Port où j’ai eu du mal à m’ancrer, que j’ai quitté pour un autre, que j’ai retrouvé en pensant à d’autres, que j’ai de nouveau quitté pour le Ventre que je n’avais pas vraiment quitté, qui m’a manqué et que j’ai retrouvé en quittant le Ventre qui ne me manque plus et auquel je serai toujours attachée... Il n’y a d’ailleurs pas lieu de différencier ici « métro » et « train », respectivement « U-Bahn » et « S-Bahn », puisque les deux sont à la fois aériens et souterrains. Je tourne le dos aux porte-conteneurs et file vers le Nord, 34 minutes où défilent jardins ouvriers et bosquets qui drainent golden retrievers, joggers et « nordic walkers ». Une brise douce et ensoleillée m’accueille lorsque je descends à Hoïsbüttel retrouver la maison quittée quelques mois plus tôt. Je chemine sous les aulnes, pousse la grille : comme l’an dernier, le pommier est chargé de fruits et, comme l’an dernier, Doerte remplit la cave de compotes. Ma chère Doerte m’accueille à bras ouverts, et j’ai l’impression de n’être jamais partie. Avec la vie nomade qu’elle a menée, elle est bien la dernière à me juger. Je m’installe dans la petite chambre et retrouverai la grande quelques jours plus tard, lorsque Markus se réinstallera dans son appartement en ville. Trop vite croisé ce gars-là, le colocataire idéal. Et maintenant, tout reste à faire : trouver un boulot et mon chez-moi, mais après l’automne : j’attends pour l’heure que les arbres flamboient, de voir le bal des mésanges et voltiger un petit écureuil malicieux.

 

Je la retrouve donc cette ville qui s’étire entre une mer du Nord exaltée et une Baltique apaisée. Ville où débarque 90 % de la quantité totale de thé distribué en Europe, où débarquent des herbes de Provence que j’aurais mieux fait de ne pas acheter – afin de m’épargner le riz au fort goût de lavande que je viens de manger ! – , où débarque le maté d’Argentine, qui jaunit les dents. Alors, avant de traquer les rares Darjeeling et de guérir mon émail, j’inaugure une nouvelle infusion méditerranéenne (et je ne sors plus sans ma brosse à dent !)… Il paraît à propos, puisque l’on parle de liquide, que le transport maritime, combiné aux effluves du Nord, affecte délicieusement certains vins. Je suis ici depuis 10 jours et Veronika, une Autrichienne d’Innsbruck rencontrée hier soir, a bien exprimé ce que je pourrais dire au sujet de Hambourg, « (elle) souhaite rester ici car (elle) n’aime pas la montagne ». Les esprits oppressés n’ont pas envie de voir d’obstacle entre eux et le ciel, plutôt la danse des nuages au bout de la rue, et ont besoin de sentir la vie derrière des murs suffisamment éloignés pour ne pas avoir peur de la rejoindre. Ou alors, Hambourg est-elle la promesse d’une main tendue venue de toutes les mers du monde ou une retrouvaille avec ma chambre de petite fille, dont je tapissais la moquette de bateaux en papier…

 

Dix jours, et déjà de jolis moments et de belles rencontres. J’ai participé hier soir à une soirée destinée aux nouveaux arrivants (bien sûr !, tous des anciens qui s’ennuient chez eux), organisée par l’intermédiaire d’un site Internet anglophone, Meetup, où je m’attendais à trouver une majorité d’anglo-saxons de tous bords, histoire notamment de me recharger en « positive attitude », vu que tout a l’air toujours facile pour eux ! D’après le site, la langue utilisée devait être l’anglais, ce qui m’a particulièrement motivée à venir. Sur le site était également indiqué le nombre de participants : 19 personnes, 4 hommes ; c'est-à-dire 15 paquets d’oestrogènes prêts à s’arracher les yeux, car tous venus pour la même raison. Trêve d'inquiétude, j’y suis allée confiante en mon avantage : la « french attitude ». Résultat : j’ai parlé anglais avec une voisine autrichienne et un voisin allemand, Andreas, à savoir une art-thérapeute et un philosophe, tous deux au chômage (pléonasme), qui ne vont hélas pas m’aider à trouver un job… Tiens, tiens, justement ce soir je vais aller pour la première fois à la Literaturhaus, où j’ai déjà rapidement mis le museau : sublime bâtisse, intérieur très cosy où l’on peut entendre des auteurs lire leurs œuvres. Je désespère d’avoir un jour le niveau pour comprendre. Ce soir, je serai donc assez larguée à la soirée philo organisée, à laquelle j’avais pourtant envie d’aller lorsque j’en avais entendu parler et à laquelle j’avais finalement renoncé. Ceci dit, c’est un bon prétexte pour embarquer mon voisin (la « french attitude », je vous dis !)… Il paraît d’ailleurs que les soirées de la Literaturhaus sont souvent bondées et qu’il vaut mieux réserver sa place. Mais comme tout le monde se fout de la philo, surtout quand elle déborde sur la politique, on achètera les places ce soir. Au fait, Andreas a vécu en Nouvelle-Zélande, transition toute trouvée pour vous raconter quelque chose qui n’a rien à voir : l’an dernier, j’ai vu un arbre à kiwis qui pousse dans le nord du pays, pas loin du Danemark ! ! ! Il s’est entortillé autour d’une canalisation, dans la cour de la boutique d’un réparateur d’appareils électroniques. Et j’en ai mangé un, tout bon, tout bon ! 
 

La semaine dernière s’est achevé Filmfest, qui a duré une bonne semaine. Un certain nombre de films y étaient présentés dans le cadre de compétitions. Notamment un, où ma copine Andrea voulait absolument m’embarquer, auquel j’ai renoncé suite au calvaire de l’avoir déjà vu : « Bienvenus chez les Cht’is ». Elle s’est d’ailleurs fait un malin plaisir de me faire savoir qu’il avait remporté le prix du public ! Elle-même a aimé le film. Et dire que Hambourg a la réputation d’être une ville cultivée… Quant à moi, j’ai vu « Bonjour Sagan », suivi de questions posées à Diane Kurys qui s’était déplacée pour l’occasion, alors que ce même jour la première partie était diffusée à la télévision française !, et le dernier film de mon idole japonais, Kurosawa, ce qui m’a empêché de reprendre les cours de nia chez Sportspass pour 8,25 euros par mois, avec accès à volonté à l’intégralité des activités dispensées ! Finalement, entre dépenser des sous ou des calories, j’aurai mieux fait de choisir la deuxième option… Tous les ans en septembre, on retrouve donc la même chose : les pommes et les fruits d’églantier, dont les graines fournissent le fameux poil à gratter et dont on en fait de succulentes confitures, qui mûrissent, Filmfest et Jazztrain : un samedi après-midi où des groupes s’installent dans les voitures des métros, avec saxo, batterie et contrebasse, ainsi que la foule qui ne vous autorise à danser que du gros orteil ; le Reeperbahn Festival, où mon nouvel ami Bernd, rencontré une heure plus tôt sur le trottoir, m’a embarqué écouter des perles d’Amérique dans un café minuscule, où l’on ne paye que la bière comme droit d’entrée. Café coincé entre les filles de la rue et les flics qui les regardent (de loin, bien sûr, seulement de loin), dans un quartier déversant des hordes de jeunes bourrés le samedi soir qui s’engouffrent dans le métro de nuit où ils vident leurs fonds de bouteille. On en retrouve les traces et les odeurs le dimanche, alors on supporte. A propos de flics indolents et d’alcoolisme, il est depuis peu strictement interdit à Hambourg de vendre de la bière en bouteille après 22 heures, celle-ci devant être versée dans des récipients en carton. On a constaté en effet une augmentation des coups et blessures dûs aux tessons de bouteilles, ce qui n’empêche aucun vendeur de transgresser la loi ! Ceci dit, dans une région où l'on est laxiste avec les règles, un piéton peut traverser au feu rouge en ne risquant que des remontrances, s’il le fait en présence d’enfants, alors qu’à Munich, quelqu’un m’a raconté avoir dû payer une amende de 5 euros ! Jeudi prochain, je vais donc enfin pouvoir reprendre mon fameux cours de nia – combinant techniques de relaxation, arts martiaux et divers danses – dirigé par un prof excellent, mais prof de nia car comédien au chômage. D’ailleurs, des envies de scène me titillent et, pour la première fois en 13 ans, je vais rejoindre un cours de théâtre en novembre ! Alors les fantasmes reviennent : c’est sûr, une Française a plus de chance de faire carrière à Hambourg qu’un Bavarois. La pratique du nia, c’est d’abord le plaisir de la danse, et l’envie de rejoindre une bande qui swingue un dimanche par mois devient plus forte que la crainte de revoir une histoire ancienne : je suis donc retournée danser le lindy hop sur Schulterblatt (le nom de la rue, qui signifie « omoplate » !) où Jan est toujours là… des sourires et des mots, puis la roue tourne... J’attendais donc sur le côté de faire connaissance avec l’homme de ma vie, lorsqu’un danseur esseulé m’a proposé de me tâter le dos : il nous aura tout de même fallu quelques minutes pour nous apercevoir que nous étions tous deux français ! Puis le jeune homme est parti…
 

Me revoici donc dans cette ville, dans un pays où je me sens l’âme d’une pionnière : les citoyens de l’ancienne Europe des Quinze ont le droit, depuis un à deux ans, de vivre et travailler librement dans un pays de l’Union. Il ne faut d’ailleurs pas se laisser impressionner quand quelques employés mal informés, de l’Arbeitsamt (agence pour l’emploi) ou d’ailleurs, vous demandent permis de travail et de séjour ! Me revoici donc dans une ville dont j’ai voulu partir, avant que ma boussole déréglée ne m’y reconduise. À ce propos, un Français qui a oublié de se taire m’a demandé un jour : « Pourquoi Hambourg ? Pourquoi pas Berlin ou Munich, là où sont tous les Français ? » Parce que les chemins de hasard doivent bien s’arrêter quelque part ; parce que la rencontre des lieux et des chimères enfantines décide du choix d’une ville ; parce que la force de l’eau attire les assoiffés d’espace, les noie puis les rejette à l’agonie dans un ciel balayé par le vent, promesse d’horizons différents ; parce que

 

Sur l’Elbe filent les cargos
Je me souviens de Valparaíso.

 

 

 


Par Anne-Sophie G - Publié dans : Ma vie à Hambourg - Communauté : Carnets-de-voyages
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