Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /2009 22:15

Je suis donc arrivée un jeudi en fin d'après-midi à la gare routière de Santiago, à l'heure où le soleil d'été diffuse de bienfaisants rayons ambrés. Les pieds gonflés et les yeux bouffis, je pars à la recherche d'un taxiphone pour prévenir Pablo de mon arrivée. Je n'ai pas d'autre choix pour cela que de me replonger dans une société de consommation exubérante et bruyante en traversant la galerie commerciale qui s'étale jusqu'à la gare des trains. Une chose formidable sur ce continent, dit "émergent", est de pouvoir encore facilement passer un coup de fil dès que l'on a quelques pièces en poche. Ainsi, à La Paz par exemple, chaque kiosque à journaux, ouvert tard le soir (effet pervers de la pauvreté), est équipé d'un téléphone permettant d'appeler sur un portable. Et dans chaque rue, ou presque, un taxiphone nous permet aussi de surfer sur Internet. Est-ce parce que le Chili est plus riche que cette facilité s'amoindrit ? En tout cas, il n'est pas non plus nécessaire ici de s'acheter une carte de téléphone pour passer un coup de fil, contrairement à nos pays dits "développés" où communiquer est tellement plus compliqué. En attendant que Pablo arrive, je m'assieds à la terrasse d'un café, à la sortie de la gare, devant une fourmilière dynamisante telle que je suis heureuse d'en trouver. Elle m'offre la promesse d'une vie urbaine remplie de cinémas, restaurants et musées, tout ce qui manquait à une avide Parisienne exilée depuis plusieurs mois.

Pablo me reconnaît sans problème de loin, disons plutôt qu'il a repéré à côté de moi un sac bariolé typique des Andes et vrai piège à touristes... Je m'aperçois très vite, dans la voiture empruntée à son père qui nous amène à la maison, que je suis tombée dans le piège de l'idéalisation d'une personne que créent l'absence et le temps qui passe : des quelques souvenirs que j'avais de lui, j'ai enjolivé Pablo de qualités et traits de caractères que je connaissais à peine, me renvoyant l'image d'un jeune homme avec qui j'aurais pu partager beaucoup de choses, du temps bien sûr, comme une réelle complicité. Point de cela. Ce qui s'est dégagé de ce premier contact au bout de deux ans ne m'a pas rien laissé espérer dans ce sens... Trois semaines sans saveur particulière se sont donc écoulées dans l'appartement que Pablo partageait avec son meilleur ami Al., sans saveur particulière non plus, à qui sa copine A., sans saveur particulière non plus, rendait souvent visite. Malgré tout, quelques moments savoureux pour une observatrice du genre humain se sont déroulés trois jours après mon arrivée, le dimanche de l'élection de la première femme présidente de la république du Chili, Michelle Bachelet.

Ce dimanche-là, Pablo a passé la soirée dans sa famille, qui se réunit traditionnellement les jours d'élection. En fin d'après-midi, j'ai aidé A. à préparer des sushis tandis que la télé, descendue d'une chambre pour l'occasion, égrénait dans le séjour les premiers résultats partiels. Nous faisons connaissance, A. m'apprend qu'elle est comédienne et joue un second rôle dans une série à succés. Puis, une voix féminine se fait entendre dans la pièce d'à côté, A., les mains dans la farine, s'exclame soudainement : "Ma soeur !..." et court se planter devant le poste. Lorsqu'elle revint quelques minutes plus tard, elle reprend le travail là où elle l'avait laissé et ma curiosité aiguisée finit par apprendre ce qui était facile à comprendre, mais que l'on ne veut pas croire tellement cela paraît insolite : la voix de la télé était bien la soeur d'A. en train de présenter la soirée électorale sur une chaîne nationale ! Et accessoirement, l'une des trois grandes présentatrices de JT du pays. A. est une fille simple et naturelle, elle reconnaît sans peine que c'est grâce à son nom célèbre qu'elle a pu démarrer sa toute jeune carrière (si j'arrêtais aussi de poser des questions insolentes...). Les gens la reconnaissent dans la rue et elle en a déjà marre... Tandis que l'opportuniste et arriviste ratée que je suis se torture de mille et une façons à la recherche d'un moyen de tirer parti de cette situation, Al., comédien et metteur en scène de théâtre inconnu, revient avec une voiture. Puis, la soeur d'A. nous annonce la nouvelle que le Chili espérait tant, et c'est tout un pays en liesse qui descend dans la rue, et nous trois qui embarquons dans la voiture, alors que je me demande si on sera rentré assez vite pour déguster ce que mon estomac frustré n'aura cessé de convoiter durant notre pérégrination.

Il faut bien avoir été une petite fille de presque 6 ans ce fameux 10 mai 1981 pour ressentir au fond du corps l'émotion et la joie qui étreignent les rues de Santiago. Le soir de l'élection de Mitterrand, mes parents m'avaient entraînée dans un QG de banlieue où mon père militait. Je ne connaissais rien du monde, mais j'étais à cet âge charnière où l'on commence à comprendre la signification d'un tel événement à l'échelle d'une nation et où la faculté de perception sensorielle infantile n'est pas complètement évanouie. Il faut bien avoir eu cet âge ce soir pour n'avoir été marquée que par la joie immense qui s'élève d'un QG, comme les bras qui retombent les uns dans les autres ; il faut bien avoir eu cet âge pour se souvenir des larmes de joie d'un père qui, dans les bouchons de la place de la Bastille, agrippe une bouteille de champagne qui circulera de voiture en voiture dans un joyeux concert de klaxons...

J'oublie vite les sushis, assise sur la banquette arrière d'une voiture embarquée dans un cortège impressionnant d'où flotte un joyeux ballet de drapeaux aux couleurs nationales, qui comprennent, comme souvent, du bleu, du blanc et du rouge, et qui tranchent sur le gris métallique des hauts immeubles qui nous dominent. Des images d'Amérique... Sur le siège avant du passager, A. exulte, agite le bras dehors et crie sa joie, tandis que les gens qui la reconnaissent crient le nom de son personnage. Assise derrière elle, je regarde les visages enjoués qui sortent des fenêtres des voitures et je remarque ainsi une fille, les yeux en promenade qui se posent par hasard sur A. Voir ainsi l'expression de quelqu'un changer parce que ses yeux ont reconnus un visage vu à la télé, ameuter ses copines, puis regarder avec convoitise la personne privilégiée assise derrière, en se demandant comment elle a réussi pour s'introduire aussi près de l'inaccessible étoile, est une expérience mémorable, bien que perdue dans l'immensité de son inanité. D'autant plus que, une fois rentrée, cette privilégiée s'est sentie un peu seule au milieu des 3 personnes avec qui elle n'avait pas grand chose à partager -- Pablo étant revenu --, mais s'est vite consolée en dégustant de petites tranches de saumon cru à la santé du progrès social en marche.



À suivre



Par Anne-Sophie G - Publié dans : Récits du Sud dans le désordre - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /2008 22:49


Oui, c'est vrai, je n'ai pas été très productive ces derniers temps (je me rattrape ce soir, je vous sert un menu plantagruélique) : Santiago n'a pas fini de raconter son histoire et les chansons que je voudrais écrire sont toujours dans ma tête. Mais je découvre enfin le plaisir d'écrire en français et de jouer avec cette langue, ma langue maternelle, en plus de fréquenter des langues étrangères -- je n'aime d'ailleurs pas le mot "étranger", dans aucune langue que ce soit. Si je disais, en attendant de trouver mieux, "les langues à découvrir" ? C'est bien stimulant ce passage d'une langue à l'autre, surtout lorsque j'essaye de jongler entre l'anglais, l'allemand et l'espagnol sans passer par le français : je consulte parfois des dictionnaires bilingues allemand-anglais, et je sens des zones cérébrales nouvelles qui s'activent, je vous assure ! ! ! J'ai vraiment l'impression ensuite d'avoir fait un sport très bénéfique pour la santé. 


Je vais donc vous raconter quelques anecdotes amusantes au sujet des interférences linguistiques, lorsqu'on se retrouve confronté à plus d'une "langue à découvrir"...


Jusqu'en 2006, en dehors du français, je ne connaissais que l'anglais. J'avais bien essayé de me faire accepter auparavant de l'espagnol, de l'italien, du portugais, du catalan, du turc, du japonais (cf. zones cérébrales nouvelles qui s'activent, oh là là, c'est génial de déchiffrer pour la première fois les caractères !), même du serbo-croate dont certains mots se sont quelques fois imposés aux équivalents français. C'est d'ailleurs assez drôle : il m'est arrivé de chercher un mot en français (de l'avoir sur le fameux bout de la langue) et d'avoir à la place une bousculade de traductions en tête provenant de l'espagnol, de l'anglais, de l'allemand et du serbo-croate ! Mais, un jour où je voulais sortir d'un bus à Zagreb, je n'ai pas réussi à dire "excusez-moi" après avoir bousculé quelqu'un et suit alors restée interdite quelques secondes. Ce qui m'a permit de me rendre compte que les Croates, comme les gens à Hambourg, se foutent qu'on leur dise pardon ou pas.


En 2006, j'ai donc acquis une aisance certaine en espagnol, suite à mon voyage en Amérique du Sud. Au cours du neuvième mois, mes fonctions cérébrales m'ont quelque peu fait tourner en bourrique lors d'un séjour où j'ai végété pendant 15 jours dans une auberge de jeunesse de Bariloche (Patagonie argentine). Trois exemples, du moins au plus drôle : 1) Je venais d'avoir une petite conversation en espagnol lorsque, dans la foulée, j'ai voulu m'adresser à quelqu'un en anglais (langue que je n'avais pas parlé depuis longtemps) : incapable de me souvenir de mots aussi simples que "sugar", "water" ou je ne sais quoi. 2) Mon niveau d'anglais s'étant réactivé, j'ai un jour discuté dans cette langue, en présence d'un Argentin qui ne parlait qu'espagnol, ce que je savais. Puis, je m'adresse à l'Argentin, et je le vois faire des gestes de dépit à son voisin et prendre un air de chien battu... Il aura bien fallu 30 secondes pour que je prenne conscience que j'avais oublié de réactiver la case "espagnol" et que je continuais à parler anglais sans m'en rendre compte ! 3) Le pompon : je discute en espagnol avec une fille qui ne parlais pas français. Elle me dit alors quelque chose et moi, interloquée, je lui répond en français : "Mais tu parles français maintenant ? !" Elle n'a évidemment pas compris ma remarque car elle ne parlait pas plus français qu'auparavant, mais ce qu'elle m'a dit en espagnol à ce moment-là, je l'ai entendu en français ! !


J'ai ensuite été confrontée à un blocage de l'allemand par la résurgence de l'espagnol (Ouah, j'ai le sens de la formule, nicht wahr?) au début de mon séjour à Hambourg. Situation similaire à celle qui s'était produite dans le bus de Zagreb. Imaginez le grand moment de solitude que l'on peut vivre, lorsque l'on rentre dans un bar pour demander un renseignement, que la serveuse vous fait un joli sourire et que vous restez face à elle, pendant quelques secondes, sans rien dire et en la dévisageant avec des yeux de merlan frit ! Il a bien fallu que je dise quelque chose : j'ai donc commencé à bredouiller un verbiage hispano-affligé, puis, en repassant par le français, j'ai enfin retrouvé mon allemand et expliqué ce qui venait de se produire... J'ai vécu à plusieurs reprises des situations similaires. 


Et, nouveauté, une situation nouvelle s'est produite hier (je viens de me rendre compte de mon pléonasme, ce qui me permet de prendre conscience de sa fonction pragmatique, je veux dire par-là de l'acte de langage qu'il me permet de réaliser, à savoir utiliser une redondance pour créer une emphase au sujet du fait que je suis encore toute surprise de ce qui s'est produit, quoique j'exagère, je veux sûrement insister sur le fait que cela s'est passé pour la toute première fois, et hop !, une phrase proustienne, ou plutôt surréaliste, sans le talent des auteurs concernés, mais personne ne s'en plaindra, vous n'en attendez pas autant de moi), ou l'allemand et l'espagnol, de force à présent à peu près égale, se sont véritablement livrés une lutte sans merci durant 10 à 15 mn (Pfff... Y'en a marre de l'esprit de compétition). Hier soir, je sors de chez KEP, entreprise interculturelle, en même temps que Rosa, une espagnole. Nous parlons en allemand, pour des raisons qui s'imposent d'elles-mêmes, puis, prise d'une frénésie latine sous le ciel nocturne, froid et humide du nord du Nord, je l'implore de me parler en espagnol. J'essaye donc de lui répondre en espagnol, en m'interdisant le recours à l'allemand afin de rafraîchir mes connaissances dans la langue de Pedro Almodovar, chose rendue difficile par l'habitude de parler allemand au quotidien (alors que mon niveau d'espagnol est supérieur). On en rigole un peu, j'essaye de dépasser ce combat de coqs, en disant les mots qui me viennent naturellement : c'est-à-dire que je mélange l'allemand et l'espagnol dans une même phrase, et voilà comment naissent les pidgins, comme le spanglish aux Etats-Unis (Pour la petite histoire : un créole est un pidgin devenu langue maternelle, il est donc universel, il ne désigne pas spécifiquement les langues que l'on parle aux Antilles). Puis, je me rends compte qu'il me serait plus facile de ne parler qu'en allemand. Et voilà ce qui se produit : alors, que j'essaye de structurer une phrase intégralement germanique, voilà que l'espagnol s'impose cette fois-ci dans mon esprit ! Du coup, il me devient plus facile de parler espagnol, toujours avec quelques mots d'allemand qui cogne à la porte de mon front.


Voilà à peu près l'ensemble des situations auxquelles j'ai été confrontées. J'ai sûrement oublié quelques exemples qui auraient pu vous faire rire mais le cerveau est tellement complexe qu'il ne me permet pas de me souvenir de tout. Et qu'il ne me permet pas non plus de transcrire certaines situations le plus justement possible avec mes mots. Le mélange de langues peut certes parfois mettre dans une situation embarrassante, je crois surtout qu'il crée des histoires passionnantes. Les Français peuvent difficilement se rendre compte de la réalité linguistique que vivent, allez, certainement quelques milliards d'êtres humains qui doivent jongler avec plusieurs langues au quotidien : les Maghrébins au Maghreb qui utilisent l'arabe dialectal et moderne, littéraire s'ils font des études, en plus de langues étrangères ; les Indiens, leur dialecte, l'anglais, le hindi (et quoi d'autres...il existe 15 langues officielles en Inde). Tous les ex-colonisés, l'anglais, le français, le russe en plus de leur langue maternelle. En réalité, la diversité de langues et de situations linguistiques dans notre monde est d'une richesse en perpétuelle évolution : si des langues se meurent, d'autres naissent et vivent. Le cycle de la vie...

Par Anne-Sophie G - Communauté : L'écriture dans tous ses états
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /2008 01:24
 
Six mois après mon arrivée sur le cône sud du continent américain, dont l'essentiel passé à plus de 3 000 mètres dans les Andes boliviennes, et 27 heures en bus, je retrouve un air de civilisation " occidentale " en posant le pied à Santiago, 3 jours avant l'élection de Michelle Bachelet en janvier 2006. Tandis que l'Europe est transie de froid, les jeunes du Brésil, d'Argentine ou de Colombie profitent de leurs vacances d'été de janvier et février et sillonnent sac au dos les routes des plages. Mais moi, ayant fait une pause balnéaire de 48 h à Arica (nord du pays) après avoir quitté La Paz, j'ai passé un mois de canicule dans une ville de bitume calorifère et d'acier thermogène. Un mois à Santiago, c'est trop. Seulement, j'avais assez peu d'argent et la possibilité d'être hébergée gratuitement, alors, dans un pays dont le niveau de vie est le double de celui de la Bolivie, j'ai dû surveiller de près mon porte-monnaie. Et puis, je déteste me balader d'un endroit à l'autre, d'un jour à l'autre, j'aime passer du temps dans un même lieu. M'attarder dans la capitale chilienne, à une période où j'avais besoin de retrouver un cadre urbain familier, était ce qu'une routarde paradoxale pouvait trouver de plus rassurant.
 
" Routarde paradoxale ", je l'étais. Si j'essaye de définir ce que j'entends par là, je dirais que le besoin de la route se fait viscéralement sentir lorsque l'on passe trop de temps dans les murs d'une même ville. Le besoin de la route, c'est celui de partir, fuir, découvrir, rencontrer, ne pas s'attacher... Mais le besoin de stabilité matérielle rend pénible tout changement de lieu et de repères trop fréquents, comme le déballage-remballage du sac à dos, en arrivant le soir et repartant le matin suivant, et paralyse le vagabondage de l'esprit. D'un autre côté, l'incertitude du lendemain participe à l'adrénaline du voyage et ne pas savoir où l'on va dormir le soir se vit sans inquiétude. Voilà ce qui me qualifiait à l'époque de ces 10 mois passés sur le continent sud-américain. Dix mois où j'ai justement essayé de me déplacer le minimum. Je suis peut-être plus légère à présent... Ceci dit, comment comprendre l'envie soudaine de lire " Une journée d'Ivan Denissovitch " de Soljénitsyne, que je trimballais dans mes bagages, vers la moitié de mon séjour à Santiago ? M'évader dans un goulag d'une Russie prise dans les glaces de l'hiver était sûrement devenu nécessaire après 15 jours de confort stable, rassurant, épuisant de chaleur. Plus prosaïquement, j'avais surtout envie de me débarasser de mes livres en les laissant à Pablo, mon hôte francophile.
 
J'ai connu Pablo à Paris, venu rendre visite à sa copine américaine, Tiffany, assistante d'anglais dans le lycée où je travaillais. Au premier instant, j'ai su que ces deux-là ne resteraient pas longtemps ensemble. Et je trouvais Pablo bien intéressant. Mais il semblait être très amoureux de Tiffany et je ne voulais pas nuire à une amie, même si je savais qu'elle et moi  ne nous fréquenterions pas très longtemps. D'ailleurs, Pablo ne s'intéressait pas à moi, et pas d'avantage lorsque la séparation eut lieu sous mes yeux 6 mois plus tard, le soir du 31 décembre à New-York ! ! !  Une histoire rocambolesque... Dans les mois qui suivirent, je finis par perdre contact avec Tiffany et prenais de temps en temps des nouvelles de Pablo. C'est donc en toute logique que Pablo, vivant un temps à New-York et retourné depuis dans sa ville natale de Santiago, accepta de me recevoir chez lui lorsque je viendrai 2 ans plus tard. C'est aussi en toute logique que je suis arrivée avec l'espoir que... la petite flamme... enfin, vous comprenez.
 
 
A suivre...


Par Anne-Sophie G - Publié dans : Récits du Sud dans le désordre - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 7 décembre 2008 7 07 /12 /2008 01:05

Voici donc ce que j'ai écrit pour la musique dont vous pouvez entendre un extrait sur le site d'André Manoukian : Pavane Persane est en 4è position de la liste. Les paroles se calquent la plupart du temps sur la mélodie qui se détache clairement du reste. Le motif est joué 3 fois, le texte se découpe donc en 3 parties.


Ma terre vole dans le soleil
Dans les jeux et les chants
Les rires des enfants
La rue se colore de miel 
Sur les visages de l'Orient
Les sourires d'Ispahan
 
J'ai appris à marcher
A l'ombre d'un oranger
Les arbres que mon père a plantés 
Se balançaient en été
Les racines solides nous portaient
Les filles dansaient
Les cheveux dans le vent
 
La guerre nous chasse dans la poussière 
Dans la fièvre et le sang
Les larmes des enfants
La route s'achève hors des frontières
De la douceur de l'Orient
Des jardins d'Ispahan
 
J'ai retrouvé un pays
Dans les rues de Paris
Mais le soir se voile de chagrin
La famille se souvient
Alors les filles oublient l'absence
Elles dansent
Les cheveux dans le vent 

Ma terre vole dans ma mémoire
Dans la fuite du temps
Les questions des enfants
Je veux leur raconter l'histoire
Des richesses de l'Orient
Des trésors d'Ispahan

Un jour je reviendrai
Boire au sein chaud le lait
Les roses que ma mère a aimées
Sentiront la liberté
Et mes filles défiant l'horizon
Danseront
Les cheveux dans le vent




Tous droits réservés par l'auteure
Par Anne-Sophie G - Publié dans : Paroles pour une musique - Communauté : papierlibre
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 3 décembre 2008 3 03 /12 /2008 23:43

Le temps passe tellement vite, les ordinateurs se cassent, comme les cheveux un soir d´hiver... Cette phrase ne veut rien dire d´autre que : je n´ai rien écrit depuis plus d´une semaine sur mon blog, car je suis un train de plancher dur sur un texte d´un nouveau genre dont le résultat sera bientôt visible ici ; je suis contente de pouvoir enfin exprimer (presque) correctement dans ce récit ma pensée, qui n´exige au fond rien d´autre qu´un bon niveau en grammaire et orthographe de la langue française, alors je me suis offert le plaisir d´écrire une phrase qui n´a aucun sens, surtout sans devoir m´astreindre à réfléchir au sens, au rythme, aux sonorités... ; je vous écris depuis l´ordinateur de Doerte, qui a donc un clavier allemand, sur lequel j´ignore où se trouve l´apostrophe, c´est pour cela que je la remplace par un accent aigü, et croyez-bien que je ne vais pas passer mon temps à la chercher, j´en passe déjà assez à taper des accents graves ; l´ordinateur, que ma prêté le réparateur de mon ordinateur portable, toujours dans son atelier de Pontoise, est tombé en panne : je me demande si ce ne sont pas les neurones du réparateur qui sont en panne ; enfin, les femmes se plaignent toujours de leurs cheveux.

Et comme transition je dirais : je n´ai vraiment pas beaucoup lu Proust, mais suffisamment pour être influencée par la longueur de ses phrases. Les miennes ne sont pas toujours très courtes, elles le seront de moins en moins. Ou alors, est-ce un moyen de libérer une palabre qui n´a guère de place dans la langue allemande, celle-ci obligeant à structurer des phrases condensées. Alors, quel plaisir de donner libre cours à une fantaisie qui trouve naturellement sa place dans ma langue maternelle... Mais je n´en dirai pas plus, je parle de ce qui me déplait du monde germanique avec affection pour la région où je suis et m´agace de l´esprit frondeur des Français à leur égard, souvent mal fondé.

Ma transition fut bien longue, d´ailleurs, ayant du linge à étendre à bientôt minuit (Vous connaissez la chanson : on n´arrive jamais à comprendre comment on fait pour reproduire toujours les choses que l´on voudrait changer -- maman, arrête de ricaner sur ta fille qui fait tout à la dernière minute), je vous raconterai ce que j´avais prévu une prochaine fois. Et je suis contente d´avoir délié mes doigts quelques instants, comme de placer régulièrement une conjonction de coordination en début de phrase. Et je voulais vous dire que je ne vous oublie pas, chers visages du passé et visiteurs de passage...




Par Anne-Sophie G - Publié dans : Ma vie à Hambourg - Communauté : Pensées d'ailleurs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Profil

  • : Anne-Sophie G
  • laroutedesmots
  • : Femme
  • : 10/07/1975
  • : Allemagne Hambourg
  • : I speak english Hablo español Ich spreche Deutsch

Recherche

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Derniers Commentaires

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus