À la recherche du temps de prendre celui de laisser quelques traces sur ce blog : tout perfectionniste en serait découragé à l'avance. C'est en effet tellement plus facile de s'imposer une contrainte quant aux nombres de syllabes, donc plus facile d'écrire un haïku, même moche, car les méandres de la pensée n'y ont pas de place. Au contraire, dès qu'il s'agit d'écrire un fleuve, je dérive sur un affluent, pour me laisser porter ensuite par un autre.
À la recherche du temps de lire l'intégrale de Proust à laquelle ce titre tronqué fait référence. J'ai en effet dévalisé la bibliothèque principale de Hambourg la semaine dernière, bien fournie en ouvrages francophones, afin de réaliser cet exploit que je me suis promis il y a bien longtemps : avaler l'intégrale de " À la recherche du temps perdu", si possible en 6 semaines, c'est-à-dire 3 semaines d'emprunt + 3 semaines de prolongation. Bon, une semaine s'est écoulée et le constat est sans appel : je n'ai pas encore lu 100 pages de "Combray". Peut-être pourrais-je me laisser plus de temps ? De toute façon, il me manque un tome "La fugitive (Albertine disparue)", une autre personne a osé m'empêcher de collectionner provisoirement l'intégrale. Ce n'est pas trop grave car, étant placé loin dans la série, je ne devrais pas le lire avant 2010 si je continue à ce rythme. À propos de rythme, le mien est lent car celui de Proust est bien difficile à suivre. D'ailleurs, c'est simple, tout le monde connaît le style de Proust sans jamais l'avoir lu ! Il faut en effet avoir le courage de s'embarquer dans une phrase sans fin, phrase qui commence en haut d'une page pour se terminer, dans le pire des cas, en bas de celle-ci, qui n'est d'ailleurs pas toujours aussi longue (longue comme peut l'être un jour d'été à Hambourg où après s'être émerveillé de ce moment entre chien et loup, on s'étonne de voir celui-ci s'éterniser), mais suffisamment pour avoir oublié à quel nom renvoie au début d'elle un pronom personnel agaçant, comme l'est aussi la longue parenthèse qui vient s'insérer dans la succession de substantifs, d'adjectifs de participes et de virgules, ponctuation que l'auteur semble placer au-dessus de toutes les autres, pourtant riches d'éléments variés, celle-ci incluant notamment le point. Mais Proust est Proust et, même si je le trouve difficile, la profondeur de son âme me donne l'envie de la retrouver. Ce que je vais aller faire de suite !
Et, en bonus, une petite madeleine dont ne vous ferai pas l'injure de vous rappeler le titre, ni le nom du chanteur. Admirez le décor (si le mot est bien choisi)...
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